Box-office France 2016 : chiffres, analyse et classement des films d’une année dominée par les comédies populaires, Chocolat, Radin !, les films d’animation, Zootopie, L’Âge de glace et les blockbusters, Rogue One : A Star Wars Story. Le Top 20 des sorties cinéma montre une envie de rire chez les français, les tendances de la fréquentation hexagonale en 2016 plébiscitent les suites de Tuche et de Camping. Parmi les autres longs-métrages les plus vus, l’oscarisé The Revenant, Deadpool, Les Animaux Fantastiques, Miss Peregrine et les Enfants Particuliers…

Bien que l’année 2016 se soit montrée moins bonne que la précédente (46 films ayant passé la barre du million d’entrées au lieu de 48, un seul ayant dépassé les 5 millions de spectateurs l’année précédente…), elle n’en reste pas moins une année mémorable pour le box-office français. Et pour cause, avec ses 210 millions de billets vendus, elle se présente comme la seconde meilleure année pour les salles hexagonales depuis 50 ans (derrière 2011 et ses 217 millions de spectateurs). Un fait que l’on doit surtout à l’intérêt du public pour les films d’animation, les blockbusters mais surtout le cinéma français (qui représente à lui-seul 36% des fréquentations en salles). Ce dernier peut remercier les comédies, principales attractions allant des Tuche 2 à Pattaya, en passant par Les Visiteurs – La Révolution et Brice 3. Reste à sa voir si l’année 2017 se présentera avec de meilleurs chiffres ! Mais en attendant, attardons-nous encore sur 2016 et plus précisément les 20 longs-métrages les plus vus en France, leur exploitation venant tout juste d’être bouclée !

20. Suicide Squad, avec 2 284 058 entrées

Il aura fait couler beaucoup d’encre. Que ce soit lors de sa sortie en salles, devant affronter une vague de déception de la part des spectateurs qui se sont retrouvés face à un divertissement bancal et haché par la production. Ou bien lors de sa sortie dans les bacs, cette dernière mettant en avant une version longue aussi inutile que le film en lui-même. Mais grâce à une promo gargantuesque de la part de Warner/DC Comics et à quelques fervents défenseurs, Suicide Squad fait partie des plus grands succès de l’année 2016, talonnant de près son homologue en termes de blockbuster (voir film suivant). Et s’il se positionne à la 20e place chez nous, le long-métrage s’offre la 10e dans le monde (744 700 054 $) et la 9e aux États-Unis (325 100 054 $). Et pour un film de 175 millions de dollars, qui n’était pas spécialement attendu à la base (la Suicide Squad n’était pas connue du grand public), autant dire que le pari est gagné haut la main ! Surtout après avoir remporté l’Oscar des Meilleurs maquillages et coiffures !

Le succès sera-t-il cependant au rendez-vous pour sa suite, d’ores et déjà programmée ? Difficile à dire pour le moment, étant donnés les mauvaises critiques du premier opus ainsi que des nombreux problèmes de production que rencontre Warner/DC Comics pour mettre en place son univers de la Justice League. Quoiqu’il en soit, Suicide Squad 2 reste prévu. le projet fait même parler de lui actuellement par un changement de réalisateur plutôt surprenant. Et pour cause, les studios chercheraient à remplacer David Ayer (en charge du spin-off Gotham City Sirens) par Mel Gibson, fort de son retour notable avec Tu ne tueras point. Affaire à suivre !

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19. Batman v Superman : l’Aube de la Justice, avec 2 500 796 entrées

L’homologue de Suicide Squad, c’est lui ! Le blockbuster le plus attendu de 2016. Ce qui était annoncé comme l’adaptation ultime des comics. Le fantasme absolu des geeks qui attendaient de voir leur affrontement sur grand écran. Nous voulons bien entendu parler de la suite de Man of Steel Batman v Superman, le duel entre l’Homme Chauve-Souris et l’Homme d’Acier. Malheureusement pour Warner/DC Comics, les retours critiques ne seront pas du tout à la hauteur des espérances, le film étant descendu à sa sortie. Un constat sévère qui causera une remise en question du projet Justice League et qui nuira par la suite à Suicide Squad et l’impact des futurs film de cette entreprise (comme Wonder Woman). Sans parler des récents Razzie Awards, pour lesquels il reçut de nombreuses nominations (dont celle du pire film de 2017). Mais avec l’engouement qu’il a créé et son ampleur promotionnelle, le long-métrage a su trouver son public, engrangeant 872 662 631 $ à travers le monde (dont 330 360 194 $ aux États-Unis). C’est loin du succès escompté, mais cela reste un score des plus honorables, surtout pour une telle production ayant coûté 250 millions de dollars.

Mais comme il est dit dans le paragraphe précédent, les avis négatifs sur Batman v Superman ont conduit les studios à revoir leur politique d’action concernant la Justice League. Un revirement de situation qui essaye de rattraper le tout, afin de satisfaire le moindre spectateur qui, pour le moment, critique les films de Warner/DC Comics à cause de leur manque d’humour et de leur aspect trop sombre. Poussant pour le coup la production à « marveliser » leurs futurs projets, alors que le problème principal provient d’elle-même : une promotion beaucoup trop clinquante (des bandes-annonces révélant le film avant de le voir en salles), un montage charcuté pour permettre la vente d’une version longue lors de la sortie en DVD/Blu-ray… Warner/DC Comics ne semble pas maîtriser son entreprise de contrecarrer Avengers et commence à en payer le prix. Dernier exemple en date : le film The Batman perd son réalisateur Ben Affleck (il est même question qu’il abandonne le rôle éponyme), remplacé par Matt Reeves (Cloverfield, Laisse-moi entrer, La Planète des Singes : l’Affrontement) qui évoque tout de même des tensions au sein même de la production (cette dernière voulant sortir le film « à n’importe quel prix », selon les paroles du cinéaste). L’année 2017 se présente donc comme celle de la dernière chance, tous les espoirs reposant désormais sur Wonder Woman et Justice League.

18. Kung Fu Panda 3, avec 2 559 648 entrées

Pour le premier film d’animation de ce top 20, c’est DreamWorks qui ouvre les festivités avec le retour du panda Po, Kung Fu Panda 3. Une valeur sûre pour le studio, qui tente de revenir à ses succès d’antan après avoir connu une petite crise commerciale engendrée par des échecs plutôt cuisants (M. Peabody et Sherman, En route !…). Résultats des courses, un bon score pour ce troisième opus, qui récolte 518 628 619 $ à travers le monde (dont 143 528 619 $ sur le sol américain). De quoi confirmer l’engouement des films d’animation auprès du grand public ! Est-ce une réussite pour autant ? Si les critiques se sont révélées plutôt favorables envers ce Kung Fu Panda 3, les chiffres ne sont pas des plus fameux pour le studio, qui espérait remonter la pente avec ce projet.

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Car si le long-métrage fait partie des nombreux top 20 élaborés à l’international et en France, il n’arrive pas à la cheville de ses prédécesseurs, qui avaient rassemblé plus de 600 millions de dollars chacun. Dans toutes les catégories possibles, Kung Fu Panda 3 se trouve être l’épisode le moins lucratif de la franchise. Un constat quelque peu alarmant pour DreamWorks qui, même s’il semble se lancer dans des projets originaux (comme en témoigne le futur Baby Boss), reste toujours ancré dans ses plus grands succès, ne pensant qu’aux suites (Dragons 3, Shrek 5, Le Chat Potté 2 et Madagascar 4). Et le studio a beau avoir annulé Les Croods 2, il lui sera difficile de revenir sur le devant de la scène de l’animation, menée d’une main de maître par Pixar et désormais Illumination Entertainement.

17. Miss Peregrine et les Enfants Particuliers, avec 2 692 266 entrées

Si le film est loin de faire l’unanimité auprès du public et notamment chez les fans de Tim Burton, Miss Peregrine et les Enfants Particuliers restera comme le grand retour du papa d’Edward aux mains d’argent aux box-office. En effet, lui qui avait perdu bon nombre de spectateurs au fil de ses réalisations (son dernier succès en salles, Alice aux Pays des Merveilles, date déjà de 2010), il renoue avec la notoriété grâce à ce blockbuster manquant certes d’originalité mais se montrant suffisamment sympathique pour attirer les spectateurs les moins difficiles. Résultat des courses : pour un budget avoisinant les 110 millions de dollars, Burton parvient a engrangé 238 711 687 $ de recettes mondiales, dont 87 101 368 $ chez l’oncle Sam. C’est toujours assez faiblard dit comme ça, mais cela reste meilleur que Dark Shadows, Frankenweenie et Big Eyes.

Cette renaissance commerciale permettra-t-elle à Tim Burton d’en finir avec la crise artistique actuelle qu’on lui connait ? Se présentera-t-elle comme l’occasion pour le réalisateur de revenir à des projets plus personnels comme il avait autrefois le secret ? Pas si sûr… À l’ordre du jour, seuls deux projets sont dans l’agenda du cinéaste. Et encore, il s’agit de projets non confirmés ou qui attendent d’être lancés pour réellement faire parler d’eux : Beetlejuice 2, au point mort depuis quelques années (et qui ne semble pas bouger d’un iota), et l’adaptation de Dumbo pour les studios Disney. Si les succès commerciaux sont revenus dans le quotidien de Burton, il en est tout autrement pour des films plus originaux. Quant à un Miss Peregrine 2, ce n’est pas d’actualité.

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A propos de l'auteur

Sebastien Decocq
Rédacteur/Responsable Actualité Cinema Series

Se droguant avec Jurassic Park, Les Dents de la Mer, Independence Day, E.T. et Indiana Jones à l'âge de 6 ans (même moins pour certains), autant dire que le cinéma était une passion d'emblée. Qui continue à s'élargir au fil des années, à tel point que j'espère un jour en faire mon métier (scénariste, réalisateur, critique... tout est bon !). A mon actif, quelques montages vidéos et un semblant de court-métrage en réserve, je préfère toutefois encore plus m'enfouir dans une salle de cinéma et me laisser transporter par ce que propose le grand écran. Que ce soit un plaisir coupable comme les comédies musicales ou les gros blockbusters d'un certain Michael Bay (je sens la foudre s'abattre sur moi !). Ou bien de véritables chefs-d'oeuvre. Quoiqu'il en soit, du moment que c'est signé par Nolan, Cameron, Spielberg et Burton, je fonce littéralement payer mon ticket.

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