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Ce mardi 6 mars est ressorti en Blu-ray le film Munich de Steven Spielberg. Le long métrage sorti au cinéma en 2006 suit l’opération « Colère de Dieu » soit la traque de plusieurs responsables palestiniens liés à l’attentat meurtrier de Munich par un groupe mené par un agent du Mossad.

Synopsis : Dans la nuit du 5 septembre, un commando de l’organisation palestinienne Septembre Noir s’introduit dans le Village Olympique, force l’entrée du pavillon israélien, abat deux de ses occupants et prend en otages les neuf autres. Vingt et une heures plus tard, tous seront morts, et 900 millions de téléspectateurs auront découvert en direct le nouveau visage du terrorisme. Après avoir refusé tout compromis avec les preneurs d’otage, le gouvernement israélien de Golda Meir monte une opération de représailles sans précédent, baptisée « Colère de Dieu ». Avner, un jeune agent du Mossad, prend la tête d’une équipe de quatre hommes, chargée de traquer à travers le monde onze représentants de Septembre Noir désignés comme responsables de l’attentat de Munich. Pour mener à bien cette mission ultrasecrète, les cinq hommes devront vivre en permanence dans l’ombre…

Avant-propos : si cet article revient sur Munich pour sa ressortie Blu-ray, n’hésitez pas à ouvrir votre expérience spielbergienne en consultant les articles de la rétrospective dédiée au maître sur CineSeries-Mag à l’occasion des deux importantes sorties cinématographiques du réalisateur en janvier puis en mars, Pentagon Papers et Ready Player One.

« En 1972, le monde apprenait l’assassinat de 11 athlètes israéliens aux Jeux Olympiques de Munich. Ce film raconte la suite. »

– lisible sur l’affiche du film –

La suite des événements a été, on le sait, relativement imaginée. Comme le dit Steven Spielberg dans un making of du film, tout n’est pas clair concernant ce qui a pu se passer après le lancement de la tristement réelle opération « Colère de Dieu ». Aussi « (Munich) n’est pas un documentaire. Ce n’est pas censé en être un. C’est une histoire qui s’inspire d’un événement de l’Histoire. La finalité n’est pas de faire un portrait net et précis de ce qui s’est passé car même dans le livre de Jonas (Vengeance, qui a inspiré le film), tout n’est pas clair. » Cette obscurité du réel a permis au réalisateur et à ses scénaristes Tony Kushner et Eric Roth de dresser le portrait d’ombres. On en compte cinq, aux visages bien humains, de nationalités différentes, et chacune avec des compétences bien spécifiques. De confession juive, ils doivent accomplir une mission qui saura mettre à mal leurs convictions et les emplir de doute et d’effroi. La mission même sera remise en question. Nous sommes juifs, nous ne devons pas faire ça, ça n’est pas comme ça qu’on m’a élevé, dit l’opérateur des explosifs interprété par Matthieu Kassovitz. Mais la vengeance d’Israël doit être livrée quoiqu’il arrive. Avner doute et dans un élan de colère, demande à son responsable si ça n’est qu’une affaire de vengeance ou si ça ne cache pas autre chose : ont-ils coupé des têtes pour les remplacer par d’autres ? « Pourquoi coupe-t-on ses ongles ? » lui répond son responsable/intermédiaire interprété par Geoffrey Rush. Les agents de l’ombre voient de plus en plus flou concernant leur mission. Alors que le groupe doute chaque jour un peu plus du bien fondé de leur objectif, ce dernier est loin de servir le plan établi par leurs chefs qu’il pensait clair et net.

Ainsi Munich dresse l’obscur portrait d’une sombre histoire d’ombres. Un tableau dominé par une teinte qu’a souvent interrogé Steven Spielberg : la violence. « Ne vous méprenez pas, ce film n’est pas une attaque envers Israël. En aucun cas. C’est un sujet très difficile et on a décidé de l’aborder honnêtement et sans complaisance. On tente d’observer la politique qu’Israël partage avec le reste du monde, et de comprendre pourquoi ce pays a estimé que la violence était la meilleure réponse à la violence. En tant que réalisateurs on utilise l’empathie. C’est normal, on fait preuve d’empathie pour tout, car on ne peut pas comprendre les motivations humaines sans ça » explique le réalisateur. Ainsi, l’empathie/le cinéma est l’outil qui permet à l’artisan juif qu’est Spielberg de questionner cette violence mise en place par le gouvernement d’un peuple pacifiste. Le plan final sur les deux tours élargit le propos en l’associant au lendemain guerrier du 11 Septembre 2001 que lancera George Bush. Et de façon plus générale, Spielberg pose justement à nouveau l’une des questions morales les plus simples mais essentielles de l’humanité : pourquoi la violence ? Et puis, spielbergement logique, la violence ne mène-t-elle pas à la violence ? Un élément de réponse de la bouche du maître s’invite alors ici : « Ce film ne prône pas la passivité. Au contraire, il montre que la réaction qui pourrait être la bonne nous met face à des situations très difficiles. Quand on doit répondre à la terreur aujourd’hui, l’important, c’est de passer par un processus minutieux. Pas pour nous paralyser ou nous empêcher d’agir, mais pour s’assurer que les résultats produits sont ceux escomptés. Ce sont les résultats fortuits qui nous tourmenteront le plus. Avec ce film, on ne veut pas dire qu’il faut ou non des attaques ciblées. Ce que je mets en valeur ici, ce sont ces dilemmes et ces problèmes dont il faut parler. Ce film est un drame humain ce que ces gens ont subi et qui fera réfléchir, je l’espère. »

Munich, une édition Blu-ray typique d’Universal

Réédition de la précédente édition Blu-ray sortie en 2015 chez Universal, on note que l’image et la piste originale sonore sont toujours soignées. On remarque à nouveau l’absence d’une piste vf HD. Comme d’habitude chez Universal, la piste vf est reprise du DVD. Quant aux bonus, on attendait quelques compléments récents revenant alors douze ans après sur l’un des longs métrages importants du Master Spielby. Que neni ! Universal a simplement repris les bonus d’anciennes éditions DVD/Blu-ray. Certes, ces derniers sont plutôt riches, mais on en attendait davantage pour cette ressortie Blu-ray Spielbergienne probablement liée aux sorties récentes et rapprochées de Pentagon Papers (janvier 2018) et Ready Player One (fin mars 2018). Ainsi cette réédition est clairement recommandable si vous n’avez acheté la précédente et surtout à la vue de son prix de vente raisonnable de dix/quinze euros selon les revendeurs.

Bande-Annonce – Munich

INFORMATIONS TECHNIQUES

Munich – 1 Blu-ray – 164 minutes – Master HD – 16/9ème compatible 4/3 format d’origine respecté 2.35 :1

Date de sortie : 06.03.18

Prix public indicatif : 14,99 €

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