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La Couleur Pourpre de Steven Spielberg : une belle leçon sur les challenges de la vie
3.8Note Finale

Exaltant, poignant et inspirant, La Couleur Pourpre dissimule sous forme d’un long métrage, une avalanche de sentiments : rires, pleurs, colère, tristesse. On passe par toutes les émotions dans cette production signée Steven Spielberg et qui marque le lancement des carrières de Whoopi Goldberg et Oprah Winfrey, inconnues à l’époque mais déjà prometteuses.

La Couleur Pourpre est inspiré du roman épistolaire éponyme d’Alice Walker (lauréat du prix Pulitzer en 1983). Sorti en 1985 aux États-Unis, il succède aux films E.T. L’Extraterrestre (1982), Rencontres du Troisième Type (1978) et Les Dents de la Mer (1975). Adaptation cinématographique, le film s’éloigne pourtant légèrement dans sa forme du livre de Walker et aborde différents thèmes (viol, inceste, pédophilie, sexisme, racisme, violence, etc.) au travers de l’histoire de Celie, une jeune afro-américaine qui endure tout au long de sa vie des sévices de la part des hommes qui l’entourent, à savoir son père, puis son conjoint.

Acclamé par certains, critiqué par d’autres, La Couleur Pourpre ne laisse personne indifférent. Et l’on doit cela à son sujet controversé et ses personnages brillamment interprétés. Dès les premières minutes du film, notre sympathie et notre compassion vont directement au personnage de Celie dont on découvre rapidement que son innocence lui a été volée très tôt dans son enfance. Il ne s’agit que d’une enfant, qui a l’habitude de jouer dans la prairie avec sa sœur, mais elle a de particulier qu’à seulement 14 ans, elle est enceinte de son second enfant. Le géniteur n’étant rien d’autre que son propre père. Celie vit un enfer, et son seul rayon de soleil est sa petite sœur, Nettie (Akosua Busia), une vraie force de la nature qui est la seule à lui donner le sourire. L’insécurité et le sentiment d’infériorité qui transpirent du personnage de Whoopi Goldberg forcent le public à s’attacher à elle. On pleure avec elle, on rit avec elle, on s’énerve avec elle, on grandit avec elle, on triomphe avec elle. Celie devient nous, et nous elle. C’est ainsi que l’on devient témoin de toute la force de caractère déployée par cette jeune femme du fin fond du sud des États-Unis.

La Couleur Pourpre n’est pas un film historique, c’est un film sur des êtres humains. Un film humain dont la beauté est dévoilée un peu plus à la découverte de chacun de ses personnages. Nettie par exemple, clé de voûte dans la vie de Celie, nous marque à chaque passage où on la voit, par sa bravoure et son intelligence. Elle est la première personne dans la vie de Celie à avoir fait preuve d’indépendance en quittant le foyer familial où son père menaçait de plus en plus de lui réserver le même sort que sa grande sœur (viol). Ensuite, on a Shug Avery (Margaret Avery), une chanteuse de bars dont Mister (Danny Glover), l’époux de Celie s’est amouraché ; et Sophia (Oprah Winfrey), épouse d’Harpo (William Pugh), fils de Mister. L’une est belle, libre, bi-sexuelle ; et l’autre est grande gueule et féministe à souhait. Ces deux grandes figures finissent d’achever l’émancipation de la douce Celie qui découvre le plaisir sexuel et le féminisme chez chacune d’entre elles. Celie s’affirme, se rebelle, devient une femme libre aux yeux de tous, et c’est beau à voir.

Toutes les femmes de sa vie me direz-vous, oui, car La Couleur Pourpre se révèle rapidement être un film sur les femmes, pour les femmes, et noires de surcroît. Les hommes du film (Mister, Harpo, Pa’, etc.) ne sont que secondaires. Le film, adapté du best-seller de Walker, raconte le vécu d’une minorité de la population américaine dans les années 1900 et ça en a dérangé certains lors de s a sortie en salles. Accusé de raciste et de caricatural pour sa représentation négative des hommes noirs et du foyer familial afro-américain (esclavage de noirs sur noirs, dérives sexuelles : pédophilie, viol), le contrecoup médiatique enduré par le versatile Spielberg lui causa d’être snobé aux Oscars cette année-là, malgré 11 nominations.

Ainsi, après le raz-de-marée Black Panther et la prise de conscience du manque de représentation des noirs dans les films hollywoodiens, aujourd’hui encore, La Couleur Pourpre (sorti en 1985) paraît précurseur dans le genre. C’était irrémédiablement un risque pour Spielberg de faire un film pour les noirs, avec un casting presqu’entièrement noir à cette époque. Mais il l’a fait et le sujet abordé, plus que difficile et sensible, donne tout de même à réfléchir sur la condition de la femme noire dans sa propre communauté dans les années 1900. Certes, le trait mélodrame est tiré à fond à certains moments du film, mais il reste contre-balancé par des scènes cartoon-esques qui ont clairement pour but de détendre l’atmosphère. La Couleur Pourpre n’est pas tout noir, et ses personnages ne sont ni anges, ni démons. La Couleur Pourpre est un film d’espoir qui captivera quiconque le verra, par la beauté de ses images et sa musique soul-esque concoctée par le vénérable Quincy Jones.

Synopsis : L’histoire de deux sœurs, Celie et Nettie, et de leur famille qui a la particularité d’être de couleur noire au cours de la première moitié du XXème siècle dans le sud des États-Unis.

La Couleur Pourpre – Bande Annonce

La Couleur Pourpre – Fiche Technique 

Titre Original : The Colour Purple
Réalisation : Steven Spielberg
Scénario : Menno Meyjes, d’après le roman La Couleur Pourpre d’Alice Walker
Distribution : Whoopi Goldberg (CelieHarris-Johnson), Margaret Avery (Shug Avery), Oprah Winfrey (Sofia), Akosua Busia (Nettie Harris), Danny Glover (Albert « Mister » Johnson), William E. Pugh (Harpo), Adolph Caesar (le père d’Albert), Rae Dawn Chong (Marie-Agnès « Squeak »), Dana Ivey (Miss Millie), Laurence Fishburne (Swain), Susan Beaubian (Corrine)
Direction Artistique : Robert W. Welch sous la direction de J. Michael Riva
Décors : Lindda DeScenna et Virginia L. Randolph
Costumes : Aggie Guerard Rodgers
Maquillage : Ken Chase
Coiffures : Robert Stevenson et Lola Kemp
Photographie : Allen Daviau
Ingénieur du Son : Willie Burton
Effets Spéciaux : Matt Sweeney
Musique : Quincy Jones
Producteurs : Jon Peters, Peter Guber, Steven Spielberg, Kathleen Kennedy, Frank Marshall, Quincy Jones et Carol Isenberg
Sociétés de Production : Waner Bros., Amblin Entertainment et Guber-Peters Company
Distributeur : Warner Bros. Pictures
Budget : 15 000 000 dollars
Genre : Drame historique
Date de Sortie France : 10 septembre 1986

États Unis – 1985

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