Pierre Deladonchamps a accepté de répondre aux questions de Cineseries. L’acteur, révélé dans L’Inconnu du lac et nommé l’année dernière aux César pour son rôle dans Le fils de Jean, brille cette semaine au cinéma dans Nos années folles où il endosse le double rôle de Paul et Suzanne. Dans un court entretien, l’acteur parle de ses choix de cinéma, d’André Téchiné, des femmes, de sexualité, mais aussi d’amour et de corps qui se cherchent pour mieux se trouver.

CineSeriesMag : Notre première question s’intéresse à votre rapport au corps en tant qu’acteur au cinéma : comment envisagez-vous le corps de l’acteur (et plus précisément le vôtre, mais aussi celui des autres acteurs avec lesquels vous jouez) dans un film ?

Pierre Deladonchamps : Le corps est un outil tout comme la voix ou le regard. Mais on ne maîtrise pas toujours tous ces outils et c’est tant mieux. Ils jouent ensemble. Il y a un langage corporel que j’essaye de déterminer pour chaque personnage que j’interprète. Le corps de mes partenaires est évidemment important. Le rapport d’un corps par rapport à l’autre, l’alchimie etc…

Comment s’est passée la collaboration avec André Téchiné ?

Pierre Deladonchamps : C’est un grand metteur en scène. Il est à la fois très précis et souple. Il aime qu’on le surprenne. C’est par ailleurs un homme pudique, drôle et assez torturé.

Vous avez beaucoup travaillé sur la marge à travers vos rôles, et plus encore avec celui de Paul/Suzanne, qui n’est jamais là où on l’attend, pourtant contrairement à ce personnage qui s’efface peu à peu (jusqu’à disparaître), votre notoriété grandit, comment expliquez-vous ces choix ? Qu’est-ce qui vous pousse à faire un film ?

Pierre Deladonchamps : J’aime les histoires et les personnages qui sortent des sentiers battus. J’aime également que les films que je choisis puissent éveiller le débat sur des sujets parfois peu ou mal abordés.

Paul est un personnage qui finalement s’engage peu, à cause notamment de la peur de la guerre, de votre côté, diriez-vous que vos rôles font de vous un acteur engagé ?

Pierre Deladonchamps : Je pense que certains films, et a fortiori certains rôles ont une portée politique. Ils insufflent des idées, des visions de notre société. A ce titre, oui, je dirais que je tente de porter des projets engageants, mais pas systématiquement.

Pierre Deladonchamps et Céline Sallette à Cannes 2017

Pour revenir plus précisément au film, et à la manière dont la sexualité y est abordée, dépassant les questions de genre, que pouvez-vous dire du rapport qu’entretient Nos années folles avec la sexualité des personnages, et la manière dont elle apparaît à l’écran ?

Pierre Deladonchamps : La communion des corps fait oublier la guerre, on s’étreint pour se consoler, pour se sentir vivant. Puis Paul se transforme pour se cacher, pour finalement se montrer fièrement en Suzanne, susciter le désir et oublier Paul. Concernant la sexualité à l’écran dans le film, elle est sensuelle, proche des corps, avec eux, mais avec pudeur tout de même

Dans le film vous entrez dans la peau d’une femme,et dans la vie réelle, quelle femme auriez-vous rêvé d’être ?

Pierre Deladonchamps : Muriel Robin

Avez-vous eu une influence primordiale pour vous lancer dans le métier d’acteur, un film qui vous reste en mémoire plus qu’un autre ?

Pierre Deladonchamps : Non je suis devenu acteur sans vraiment en avoir rêvé. Un genre de hasard. Enfin, si l’on croit au hasard…

Cineseriesmag est aussi un média consacré aux séries, genre dans lequel vous vous êtes aussi exercé avec Trepalium, quelle série vous attire particulièrement en ce moment ?

Pierre Deladonchamps : La dernière série que j’ai regardée c’est Dix pour cent que j’aime beaucoup. Sinon ces derniers mois je n’ai pas pris le temps de regarder des séries. C’est vraiment chronophage.

Enfin, nos lecteurs ont certainement déjà hâte de vous revoir sur les écrans, il y a notamment un film avec Christophe Honoré il me semble… quels sont vos projets en cours ?

Pierre Deladonchamps : J’ai tourné une comédie familiale qui s’appelle Big Bang de Cécilia Rouaud avec Vanessa Paradis, Camille Cottin, Jean Pierre Bacri et Chantal Lauby. Un autre film avec Karin Viard et Clovis Cornillac, Les Chatouilles, d’Andrea Bescond et Eric Métayer, qui aborde la pedophilie. Enfin, un film suisse de Bettina Oberli avec Melanie Thierry qui s’appelle Le vent tourne et qui aborde l’écologie de jeunes agriculteurs sur fond de tempête conjugale.

Bande annonce : Nos années folles

 

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