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La section Panorama International de Séries Mania Lille met l’accent sur des séries du monde entier. A la différence de la compétition officielle, celles-ci ont déjà commencé leur diffusion dans leur pays d’origine. Ce deuxième jour nous a permis de découvrir Kiss Me First et The counted, deux séries de S.F., en provenance de Grande Bretagne et de Russie.

Kiss me first  : Ready Player One à la sauce Skins

Une série anglaise de Bryan Elsley diffusée sur Channel 4 et Netlix, avec Tallulah Haddon, Simona Brown et Matthew Beard

 

Synopsis : Leila trouve refuge dans un jeu de réalité virtuelle. Elle y rencontre une communauté secrète de joueurs dont fait partie Tess, qui la séduit par son assurance. Très vite, Leila doute de la bienveillance de ses nouveaux amis.

Attendu comme le retour du créateur de Skins aux affaires adolescentes, Kiss me First voudrait proposer un regard neuf sur la réalité virtuelle et la quête de l’identité. Ajoutons à cela qu’une bonne moitié de la série est produite en animation 3D (pour représenter le monde virtuel). Forcément avec tous ces éléments, difficile d’éviter la comparaison avec le méta-blockbuster de Steven Spielberg sorti il y a à peine un mois.

Bryan Elsley pense alors avoir trouvé la parade : il refais Skins. L’intrigue ne tourne pas autour de références geek empilées les unes sur les autres, mais se concentre sur de jeunes adultes qui cherchent un but à leur existence morose, en se réfugiant dans un jeu vidéo High-Tech. Si le début présente ce que l’on peut attendre d’un tel divertissement (du combat), nous faisons rapidement connaissance avec un groupe secret qui cherche de nouvelles sensations. Les personnages « piratent » le jeu pour ressentir la douleur (mais sans conséquences) et récréer une sorte de communauté aux émotions réelles. La réalité virtuelle est donc une nouvelle drogue pour cette génération déphasée.

Peu inspiré par son propre thème, le scénariste n’hésite pas à piocher dans un vaste répertoire de tropes propre au séries britanniques : La drogue, la musique pop, la collocation bancale, le colloc un peu moche mais rigolo, la misère sociale, la nudité crue… Bref, d’un côté comme de l’autre, le créateur semble assez peu emballé et ne propose rien de plus qu’un patchwork mal cousu.

Pendant les deux premiers épisodes de Kiss Me First, il est donc dommage de constater que Bryan Elsley ne semble pas voir dans le jeu vidéo autre chose qu’un simple prétexte. Sa méconnaissance du média apparaît même comme une évidence. Les joueurs et leurs avatars ont le même visage et la charte graphique de l’univers virtuel manque terriblement de fantaisie. Ce qui l’intéresse, ce sont les relations entre les personnages, particulièrement entre l’héroïne et celui que l’on devine être le leader de ce culte sado-maso 3.0. Un postulat qui n’est pas sans rappeler le film Chatroom de Hideo Nakata (2010). Comme si la série essayait de surfer sur la vague Black Mirror sans vraiment savoir dans quoi elle s’engageait.

The counted  : Entre Stalker et Le prisonnier

Une série russe d’Inna Orkina diffusée sur Start.Ru, avec Maria Mashkova, Diana Pozharshkaya, Daniil Vorobyev

Synopsis : Deux épidémiologistes sont envoyés dans une région reculée de la Russie, où une étrange infection a subitement provoqué la mort de plusieurs personnes. À leur arrivée, ils découvrent une réalité encore plus invraisemblable que celle qu’ils imaginaient.

Il est plutôt rare de pouvoir poser ses yeux sur une production étrangère autre que britannique ou américaine. Aussi, rien que la provenance de The counted attise la curiosité. Ajoutons à cela un postulat assez mystérieux, et l’on peut espérer tomber sur une série de S.F. d’un genre nouveau.

Malheureusement, le premier épisode est assez poussif, dévoilant les personnages principaux, mais bien peu quant à leur mission ou leur motivation. Trois scientifiques partent enquêter sur un virus, dont une femme qui ne se laisse pas faire, son ex petit ami brillant mais cynique et un jeune stagiaire. Les acteurs sont plutôt bons et l’aura poisseuse de cette région reculée qu’est la Carélie fait sont petit effet. Mais la série ne semble pas trop savoir où se diriger dans cette premières heure, abusant même parfois d’ellipses grossières et de quelques facilités d’écritures.

Il faut donc attendre le deuxième épisode pour comprendre vraiment les enjeux et la menace qui pèsent sur les personnages. Et curieusement, l’intrigue semble opérer un virage à 180° en passant d’une histoire de virus à la description d’une communauté surnaturelle, vivant dans une zone hors du temps dont il semble impossible de s’échapper.

On pense à Stalker (avec les zones interdites), mais aussi au Prisonnier (série anglaise des années 60 qui présente un village dont on ne peut s’échapper). Et aussi à nombre de séries américaine de S.F. moderne, car au-delà de la langue, tout (du générique esthétique aux mouvements de caméra) rappelle la forme HBO. Pour une première rencontre avec la télévision russe, nous aurions pu espérer un peu plus de particularité culturelle, qui arriverons peut-être dans les quatorze épisodes restants.

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