La veille de la cérémonie de clôture de cette 10ème édition du FEFFS nous a permis de découvrir les derniers titres en compétition. On y retrouve Dave made a maze, un film fait avec des bouts de carton et Kaleidoscope, un récit de serial killer avec le grand Toby Jones. Tandis que la section Midnight Movies finit en beauté avec Mayhem, un gros défouloir.

[Compétition internationale] – Dave made a maze

Réalisé par Bill Watterson (USA, 2017)

Sur le papier, Dave made a maze donnait l’impression d’être le film le plus particulier de la compétition. Après avoir vu cette pépite indépendante, on ne peut que le confirmer. Dave a construit dans son appartement une maison en carton qui abrite un gigantesque labyrinthe. Malheureusement, le jeune homme se retrouve piégé. Sa petite amie lance alors une expédition à l’aide de plusieurs de ses amis pour lui porter secours. Véritablement inclassable, Dave made a maze fait preuve d’un talent créatif sans borne de la part son auteur Bill Watterson. La construction du labyrinthe, les différentes pièces qui le composent, les milliers d’idées pour mettre le tout en scène : le film est un véritable plaisir qui ressemble à un terrain de jeu immense pour le jeune réalisateur américain.

Mais Dave made a maze ne se résume pas un simple exercice de style à l’aide de carton, il apporte une véritable réflexion sur la relation entre un artiste et son oeuvre. Comment celle-ci peut prendre le dessus sur son créateur comme le démontre ce labyrinthe qui commence à prendre vie et à s’amuser de Dave et de ses amis. Une obsession qui commence à devenir dangereuse, et qui entraîne la nécessité de sacrifices. Empilant des références à foison allant du jeu vidéo à la mythologie avec ce sublime minotaure au costume génial, Bill Watterson arrive à faire passer son message de façon très ludique. Dave made a maze est une belle surprise, un film qui montre l’originalité du cinéma indie et qui joue habilement de ses influences pour en faire une œuvre à part.

[Compétition internationale] – Kaleidoscope

Réalisé par Rupert Jones (Royaume-Uni, 2017)

Dernier film à être présenté en compétition internationale, Kaleidoscope marque les débuts à la réalisation de Rupert Jones, frère de l’acteur Toby Jones. C’est d’ailleurs son frère qu’il choisit pour jouer le rôle principal du film, celui d’un quinquagénaire perturbé qui commet un meurtre et qui voit l’arrivée de sa mère tout chamboulé. Kaleidoscope est un film qui sait prendre son temps et qui va se concentrer quasi exclusivement sur une unité de lieu, l’appartement de Craig, incarné par Toby Jones. Kaleidoscope s’amuse à tisser un véritable labyrinthe avec les perceptions du spectateur et de son personnage principal renvoyant à l’objet qui donne son nom au film. Effet accentué par de belles idées de mise en scène, comme ces plans sur les escaliers particuliers de l’immeuble.

S’intéressant davantage à la psychologie d’un Toby Jones qui délivre une très bonne performance, Kaleidoscope donne cependant une impression de lenteur très pesante. Peu de véritable rebondissements ; le film peine à captiver sur la longueur. Même si Rupert Jones installe une certaine atmosphère et joue beaucoup sur des détails pour installer un doute, le film reste assez facile et manque au final d’originalité sur le traitement. Kaleidoscope bénéficie cependant d’une réalisation solide et qui permet à Toby Jones (Hunger Games, Tale of Tales…) de prendre un rôle à contre-emploi avec ce tueur aux problèmes maternels. Kaleidoscope ne se démarquera malheureusement pas dans cette compétition très riche.

[Midnight Movies] – Mayhem

Réalisé par Joe Lynch (USA, 2017)

Avant la fameuse nuit excentrique, il est temps de clôturer la section Midnight Movies avec le nouvel essai de Joe Lynch qui avait déjà amusé les festivaliers en 2014 avec Knights of Badassdom. Le cinéaste américain revient donc avec Mayhem, un film de contamination virale situé dans un grand cabinet d’avocats. Le virus IB7 empêchent les infectés de réprimer leurs émotions les plus intenses ce qui se traduit donc par un gros bordel (comme le titre anglais l’indique) dans l’immeuble mis sous quarantaine. Parmi les employés, le jeune Derek est un avocat ambitieux qui se retrouve être viré et va s’allier avec une jeune femme ayant eu des problèmes avec la firme. Les deux jeunes gens vont alors partir dans une croisade sanguinaire jusqu’au dernier étage de l’immeuble.

Mayhem était juste ce qu’il fallait pour bien terminer cette sélection, le film est en effet un véritable défouloir parfaitement jouissif. Comme Game of death, le film possède un potentiel génial pour offrir un jeu de massacre cathartique, sauf que, à l’exception de son prédécesseur, Mayhem transforme à perfection l’essai. Le côté jeu vidéo que donne la progression entre les niveaux de l’immeuble couplé aux équipements de fortune des deux protagonistes à savoir des marteaux, des pistolets à clou et des scies circulaires donne un aspect très ludique à cette œuvre. Si on ajoute à ça un déversement très intense de violence qu’elle soit physique ou verbale, on se retrouve dans un véritable carnage particulièrement grisant. On regrettera peut-être un manque de véritable gore, mais bon, quand y a une femme en talons qui dégomme des mecs en costard avec un pistolet à clou, on est déjà ravi.

 

 

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