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Le film de Julio Hernandez Cordon, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, se veut porteur de réflexion sur un pays dirigé par la violence des cartels de drogue et sur la place des femmes dans ce milieu. Cependant, le film échoue à apporter sa touche de nouveauté.

Cómprame un revolver n’apporte rien de plus au cinéma que l’on ne connait pas déjà et qui a déjà traité des narcotrafiquants. Entre les films sur Pablo Escobar et les films d’Amérique latine qui évoquent sans cesse ce thème, on commence à avoir fait le tour du sujet. Mais Julio Hernandez Cordon choisit de l’aborder d’un différent angle, qui semblait de prime passionnant. Basant son récit sur une petite fille, obligée de masquer son visage pour cacher son genre et de se confondre dans les draps pour ne pas être trouvée par les milices mexicaines corrompues, le cinéaste dénonce les féminicides organisées par les dealers. L’oeuvre se voudrait féministe mais ne met en scène qu’une gamine masquée et omet tout ce qui pourrait s’y rapporter. Le père est obligé de la cacher pour que les narcotraficants ne lui prennent pas sa fille. On a du mal à comprendre parfois d’ailleurs tant on a l’impression que tout le monde est au courant mais se cherche des excuses pour ne pas la prendre. La petite fille dans le rôle de Hulk est  impressionnante de courage et de douceur dans son jeu, qui pousse à l’admiration et à l’émotion dans une grande partie des scènes. Enchaînée comme un animal de compagnie pour être en sécurité, il est évident que le public ne peut rester indifférent à la vie qu’elle mène, telle une fugitive.

La dénonciation de la violence de ce milieu est vue et revue et n’impressionne plus vraiment malgré le scénario intéressant et la relation du père et sa fille très touchante.  Julio Hernandez Cordon ne travaille pas non plus sa mise en scène de manière transcendante malgré quelques éclats dans de rares plans. Il balaye le thème de l’enfance en mettant en avant une bande de gosses, camouflés dans des feuilles, occupés à reprendre le pouvoir sur le baron de la drogue, qui avait coupé le bras de l’un d’entre eux pour le punir d’un vol. Même la fin du film est regrettable par ce manque de crédibilité qui prend le dessus sur une issue qui aurait pu capter notre attention. Le film a au moins le mérite de ne pas s’éterniser et d’être assez court comparé à ceux de la sélection qui tentent de pousser l’émotion trop loin et trop longtemps. Cómprame un revolver questionne l’avenir d’un pays rongé par la drogue et la violence qui en découle et se veut intéressant mais passé à côté de l’originalité attendue.

Bande-annonce : Cómprame un revolver (Buy Me a Gun)

Synopsis : Quelque part au Mexique, Huck, une petite fille vit là avec son père, leur caravane posée près d’un vaste terrain de baseball abandonné. Huck aide son père à tenir l’endroit. Lui essaie de la protéger de ce lieu sans loi. Certains soirs les narcos y organisent des matchs avec bière, crack et bagarres. Huck, doit porter un masque, pour cacher qu’elle est une fille car on raconte que les filles sont enlevées. Ses copains : une bande à la “Peter Pan”, qui a le pouvoir de se rendre invisible, et de se confondre avec l’immensité du paysage. La troupe a élu son royaume entre désert et mer. Un jour une fête est organisée pour l’anniversaire du caïd local, terreur de ce no man’s land.

[Quinzaine des Réalisateurs présenté au Festival de Cannes 2018]

Cómprame un revolver (Buy me a Gun), un film de Julio Hernández Cordón
Avec Ángel Leonel Corral, Matilde Hernández Guinea, Rogelio Sosa, Sostenes Rojas, Wallace Pereyda…
Genre : Drame
Durée : 1h24
Sans distributeur pour le moment

Mexique

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