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Rétro : Dawson's Creek déjà 20 ans ! Culte ou has-been ?
3.5Note Finale
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Après Buffy contre les vampires qui fêtait aussi ses 20 ans l’année dernière, 2018 marque l’événement sériel et le magazine Entertainment Weekly n’avait pas manqué de souligner l’anniversaire en réunissant tout le casting de Dawson’s Creek. La création de Kevin Williamson (Vampire Diaries, Following, Scream) a su marquer toute une génération, si ce n’est deux. Retour sur une série culte qui passe aux yeux de beaucoup comme ringarde.

Diffusé du 10 janvier 1999 (un an auparavant sur The WB) au 8 novembre 2003 sur TF1, puis rediffusé les dimanches après-midi – c’est comme ça que les moins de 30 ans l’ont connu -, ce teen drama décrit en 6 saisons, l’évolution de 4 adolescents et leurs péripéties amoureuses ou existentielles du lycée jusqu’à la vie active. Au travers des portraits méticuleux d’une jeunesse américaine, mais universelle, Dawson’s Creek a su brasser une multitude de thématiques telles que l’adultère, la mort d’un proche, l’ambition et surtout le sentiment amoureux. Car il s’agit d’amour essentiellement, tout en réconfortant le spectateur dans un idéal inatteignable. Il s’agit de la vente d’un rêve américain pour des adolescents – la génération X, née entre 1980 et 1990 – en quête d’identité, et en cela la série n’est guère un précurseur. Elle a même plutôt assez mal vieilli face à la multitude des séries disponibles depuis sur le marché.

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Une fable initiatique…

Cela commence somme toute de la façon la plus banale. Un trio adolescent, où le jeune héros ambitieux et sans doute talentueux, tombe amoureux de la nouvelle voisine, une New Yorkaise pulpeuse que ses parents ont mise à la porte. La meilleure amie de ce jeune héros aux principes naïfs mais intègres est secrètement attirée par lui, et le meilleur ami un peu loufoque apparaît comme la cinquième roue du carrosse. Le protagoniste couche avec sa prof de vingt ans son aînée et a des mauvaises notes, mais son grand frère (premier d’une plus grande fratrie) policier ne manque jamais de lui faire la morale et de le remettre dans le droit chemin. Le cadre est idyllique, un étang qui sépare Dawson de Joey, une immense maison entourée de bois et de verdure, une campagne luxuriante dans une petite ville portuaire du Massachusetts, un lycée américain comme tant d’autres, mais des rues magnifiques à deux pas de l’océan. L’intrigue n’a rien de grandiloquent et pousse à la simplicité. On pourrait même s’étonner de jurer que ça pourrait arriver à n’importe qui. Un jeune homme créatif (on le soupçonne, car sa vision de la réalisation est éclipsée par son obsession pour Spielberg) et résolu, entouré de parents bienveillants et toujours de bons conseils au moindre doute existentiel. Une vieille voisine chrétienne et pratiquante, « plus agréable tu meurs ». Des voisins sympathiques, un ponton vers un étang gigantesque, plein de couchers de soleil et surtout des histoires d’amours comme on aimerait qu’il nous en arrive à 15 ans. On se prend au jeu, surtout lorsqu’on est un garçon sentimental, cinéphile vivant entre quatre champs et un étang, et abreuvé aux séries. Ce dernier point est élémentaire, car il faut comprendre en quoi Dawson’s creek entre dans le top 5 des meilleurs teen dramas de ces 2 dernières décennies, malgré l’écart criant entre le monde décrit et la réalité bien morne que nous vivons.

 "dawson pleure"

Joey le quitte pour Pacey

Qu’est-ce qu’un bon produit ? Un bon film ? Une bonne série ? Un bon teen drama ? Lorsque ledit produit atteint son coeur de cible c’est une chose, mais ça ne fait pas des Marseillais à Caracas, une tv réalité à défendre, juste beaucoup d’attardés devant leurs postes qui pensent se réconforter en s’abrutissant. Comment expliquer, sans des audiences exceptionnelles, que la série ait perduré autant et marqué à ce point les esprits et surtout ironiquement aujourd’hui. Plus rares sont les fervents défenseurs de Dawson, face aux nombreux détracteurs qui ont fait du simple nom de la série un synonyme de « mièvre et trompeur ». Et pourtant, elle gardera son statut de série culte, au même titre que Friends en sitcom ou X-Files en science-fiction, Alias en espionnage, Buffy contre les vampires en fantasy horreur, etc.

Toute bonne série qui marque les esprits pourra se résumer facilement en saisons pour les fans par les conflits en jeu, les résolutions en cours ou les événements caractéristiques. La saison 1 de Dawson’s creek, en guise de prélude, introduit toutes les cartes des intrigues à venir : le mariage des parents de Dawson par la question de l’adultère, la réconciliation entre Jen et sa grand-mère par la mort de son grand-père, Pacey et sa difficulté à être pris au sérieux, Joey sans figure parentale autre que sa soeur et le mari de celle-ci, les premières réussites sans jamais vraiment montrer les premiers échecs ou en les lissant au maximum. La deuxième saison introduit Andie et son frère Jack qui vont finir par devenir des personnages principaux par la suite au cours de la 2ème année du lycée (Sophomore Year). Ne commencez pas à comparer avec nous les Français, les pièces géométriques ne s’encastreront pas dans les trous. Il y a oui, en effet, une part de récit initiatique à décrypter, à prendre avec du recul, comme dans tout bon teen drama (Voici un lien pour mieux comprendre les deux parcours scolaires qui en réalité ont juste en décalage d’un an, car ils ne considèrent pas l’année de naissance, mais l’âge au 1er septembre dans leur système de classification). L’introduction du personnage d’Abby Morgan confrontera Jen à ses démons antérieurs et poussera tout le monde à bout. Au terme de cette deuxième saison, les tenants et les aboutissants des arcs relationnels sont d’une étonnante richesse. Il faudra beaucoup d’épreuves pour Abigail et Mitch afin de sauver leur mariage, après la prise de conscience de l’attraction entre Joey et Dawson, l’introduction d’Andie et Jack va modifier le nouveau groupe définitivement. Et déjà les personnages secondaires sont tout autant denses et d’une justesse infinie. On a presque jamais autant aimé les personnages secondaires jusqu’à présent (1999). Et c’est d’ailleurs le point fort de Dawson’s Creek, il n’y a qu’à voir la longue liste des guest qui sont apparus dans d’autres séries par la suite (Modern Family, Glee, Supernatural, This is us, NCIS, Once Upon a Time, Buffy, Roswell, The CameleonOne Tree Hills*, Veep…). Toutes ces imbrications, apparitions, ont consolidé autant d’arcs narratifs qui ont permis à la série d’évoluer en s’améliorant, malgré une perte significative d’intérêt de la part des fans en début de saison 3. Peut-on l’expliquer par le départ du showrunner Kevin Williamson qui quitte le navire et son bébé ? Le scénariste et producteur Greg Berlanti a repris les commandes et a eu la brillante idée d’introduire à ce moment précis Pacey dans l’équation amoureuse, et qui a fini par devenir le dilemme et l’arc majeur. Rapide digression, mais la sensibilité des deux showrunners alors homosexuels peut-elle être également une explication sur la foisonnante diversité des intrigues et des conflits, névroses psychologiques en exergue ? Être vu comme le vilain petit canard (Pacey et sa famille), la reconstruction dans une famille recomposée sans parents (Joey et sa soeur, son père en prison, sa mère décédée trop tôt), la construction identitaire et les addictions (Jack et Andie), le racisme (la fille du proviseur Green), le fantasme (la liaison avec Tamara la professeure plus âgée ; Eve, la blonde bombe qui débarque ; Ethan, le beau gosse populaire peut-être gay…), la transmission (le petit Buzz que Pacey prend sous son aile, la fille Harley du professeur Hetson dans la dernière saison), les rancoeurs, l’ambition…

Le danger scénaristique est d’aller trop loin, répéter des arcs aux allures un peu soap, comme des liaisons dangereuses ou nocives, interdites (prof/élève) ou alambiquées. On en vient à ce que tout le monde couche avec tout le monde. Les scénaristes (presque une quarantaine) en ont même eu conscience et font jouer Pacey et Jen dans ce sens, voir où l’absurdité peut aller dans le 03×07 « Escape from Witch Island« . Cet épisode est d’ailleurs une sorte un clin d’oeil à Blair Witch et se joue des codes de l’horreur. A l’image du 01×11 « The Scare » avec les codes du slasher qui a dû être un régal pour le créateur de Scream d’appeler Vendredi 13 de Craven et la date de superstition. Autre genre savamment reconstruit, le detective movie du 02×11 « Sex, she wrote » durant lequel Abby et Chris tentent de démasquer en huis clos l’auteur d’une lettre qui décrit des ébats eus la veille : les duo suspects sont Dawson et Jen, Joey et Jack, Pacey et Andie.

dawson-s-creek-cast-saison-3Kevin Williamson a, par ailleurs, eu le génie d’écrire avec toute l’autodérision nécessaire les opus d’épouvante avant de glisser dans sa série des clins d’oeil cinématographiques nombreux ainsi que des sous-textes et commentaires dits par le personnage principal sur l’écriture ou la réalisation, qui sont en fait des commentaires sur la série elle-même. L’idée originale est basée sur sa propre enfance, ce qui en fait une œuvre d’autant plus sincère et vraie, malgré le caractère éloigné de la réalité. En effet, les ajustements (hétérosexualiser le personnage principal par exemple, ou l’invention de la ville Capeside – le tournage ayant lieu à Wilmington en Caroline du Nord pour sa verdure foisonnante et Cape Cod dans le Massachusetts pour l’aspect portuaire) sont devenus des superficialités regrettables et pourtant nécessaires d’un point de vue de la production (toucher le plus grand nombre, parler du sexe, de la mort, de sujets potentiellement polémiques ou choquants). La série Dawson’s creek finit donc par être en constante oscillation entre excès mélodramatique ou idéal vain et profonde réflexion. Ne faut-il pas éteindre son cerveau cartésien, arrêter de tout rationaliser pour apprécier une oeuvre qui sort un tant soit peu de l’ordinaire ? Charmed par exemple qui avec le temps a fini par devenir totalement kitsch et pourtant sera dépoussiérée avec un prequel, ou bien n’importe quel film d’horreur dont on a tous fini par se moquer ? La saison 4 est transitoire, elle permet à Dawson d’entrer dans la vie de jeune adulte – il sort avec la plus grande soeur de Pacey – et d’introduire une autre transmission de génération avec le vieux voisin aigri et malade Arthur Brooks. C’est au terme de cette saison que le personnage d’Andie disparaîtra en désintox pour revenir en guest à la dernière saison, 2 années suivantes. Jen et Jack se rapprochent jusqu’à aider Dawson et Joey à revenir dans les bras l’un de l’autre et ce pour la dernière fois (attention spoiler !) Bon, sur le moment, on y croit c’est magique, mais avec du recul, est-ce bien crédible qu’un triangle amoureux tourne autant ? Oui, non, oui, non, oui, non ? Laissons le débat qui n’a absolument plus aucune actualité là où il est (des années en arrière) malgré le caractère éternel de cette série qui a bercé plusieurs adolescences. Et pour répondre à la question par expérience : oui, ce va-et-vient incessant et malsain est possible, mais peut-être pas avec autant d’histoires amoureuses en jeu.

Les deux dernières saisons semblent être les plus abouties. Le nouveau personnage d’Audrey, colocataire de Joey, jouée tout en charme et nature par Busy Philipps y est pour beaucoup. Grams et sa petite fille Jen déménagent à Boston, ainsi que Jack dans une fraternité étudiante. Pacey, revenant d’un tour du monde en bateau, est plus mature, prêt à conquérir le monde de la cuisine avant celui de la finance, et Joey flirte avec son professeur de lettres et son collègue barman dans le bar où elle travaille. Elle en a fait du chemin pourtant : serveuse à temps partiel dans le petit restaurant en bord de mer où travaillait sa soeur Bessie, puis dans le Yacht Club beaucoup plus huppé aux côtés de l’exécrable Drue Valentine et finalement dans ce bar rock avec Eddie. Heureusement qu’elle se passionne pour les lettres et finira écrivain. Dis comme ça, on est pas bien loin de Plus Belle La Vie. Mais tous ont fait du chemin, beaucoup de chemin, en particulier Jen qui restera dans le coeur de tous les fans, le personnage le plus apprécié, car celui qui a le plus évolué avec Pacey. D’une certaine renaissance dans les bras de Dawson après la débauche new yorkaise, elle reste populaire au grand coeur, tombant amoureuse d’un footballeur un peu paumé, la « fille à pédé » toujours portée vers autrui quitte à animer une émission de radio et se faire prendre dans les filets d’un nymphomane, la petite fille exemplaire, qui enfin aurait un parfait jules à présenter, mais rattrapée par la maladie. Son personnage est quasi irréprochable, aux traits de poupée, Michelle William a su apporter beaucoup de candeur essentiel à un personnage pourtant en rupture dans ce monde lustré par des couchers de soleil et une morale bon enfant, aux valeurs traditionnelles américaines post-Bush. Elle fera vaciller l’équilibre nauséeux tout en le redressant dans le droit chemin de la remise en question. On finira plus à en vouloir à Joey, la parfaite intello, de ne pas savoir ce qu’elle veut plutôt que Jen qui trace sa route rédemptrice et transforme tout ce qu’elle touche en quelque chose de bon et profondément aimant et aimable. Pacey est la tête de Turc jamais pris au sérieux, le dernier d’une grande famille un peu bourrue et peu cultivée dont il devra se démarquer en commençant par l’humour. Il cache une énorme fragilité émotionnelle qui fera chavirer le coeur de Joey par la suite. Habile de ses mains, pédagogue, un père idéal même à l’âge du bac. Son exil maritime est l’occasion de remettre les pendules à l’heure et d’essuyer tous ses échecs passés pour se tourner vers la cuisine et gravir les échelons jusqu’à la bourse, accompagné toujours des plus belles femmes. Dawson est l’éternel adolescent romantique, perdu entre ses rêves, ses aspirations et le cadre idyllique dans lequel il a été bercé, confronté à l’univers rude d’Hollywood pour passer de stagiaire à premier assistant en se liant d’amitié avec un cinéaste un peu comme lui, underground.dawsons-creek-jack-jen-grams-dawson

Personnage tête à claque à faire des phrases à rallonges, confronté à la perte de son père un peu trop tôt, il profite de plaisirs affectifs qui lui font acquérir une certaine maturité sur le plan émotionnel sans vraiment sembler le mériter (Jen/ Joey/ Eve/ Nikkie Green / encore Joey / Gretchen / Natacha / encore Joey…). 5 années pour tomber amoureux. Il y a une certaine extravagance notoire qui ne dérange personne ici ? En jouant avec beaucoup trop de sévérité, le personnage de Dawson pourtant exalté, est devenu le moins apprécié et pourtant un direct alter ego. Le mien directement. Le schéma de la voisine/meilleure amie (qui aurait pu traverser en barque, j’en avais une !), une campagne isolante beaucoup moins luxuriante, en rien portuaire, mais plus champêtre, le meilleur ami azimuté, beaucoup moins pris au sérieux et qui pourtant a de plus folles histoires amoureuses que les miennes, la passion du cinéma obsédante, la vénération pour un seul cinéaste (pas Spielberg, mais Hitchcock), des personnages secondaires devenus principaux avec des croisements affectifs sur le quator principal qui en fait était un quintet jusqu’à la fin du collège. Un nouveau groupe d’amis composés d’anciens, le retour du meilleur ami qui a bien évolué, à présent père de famille, des sentiments trop souvent univoques, jusqu’à l’épanouissement dans une nouvelle ville pour des études de cinéma, l’homosexualité, la perte du père, l’adoration pour un nouveau membre dans la famille (une nièce et non une petite sœur)… Bref, à quoi bon se raccrocher à ce cadre qui ne mérite pas la comparaison, mais qui par les espoirs, les intrigues mises en place, pimentait ma vie un peu trop morne à mes yeux. En étant ressorti d’autant plus frustré, névrosé, déstabilisé, Dawson’s Creek s’avère dans ce sens, un exemple à absolument éviter pour ne pas finir déprimé et, pourtant, incontournable pour prendre conscience du cheminement, des obstacles. Nul besoin de vanter les mérites du roman d’apprentissage, qui pourtant peut paraître fastidieux et ennuyeux. Résultat, on finit par se comparer et souvent négativement. Entre ce qui se passe sur le petit écran et dans notre propre famille, entourage, puis entre le nous-même d’avant et du temps présent, nous-même et les autres. Comment expliquer que l’on finit toujours déçu ? La psychanalyse dans tout œuvre impliquant un récit structuré est de notoriété publique. Les petites filles apprécient autant les films Disney pour se prendre en princesse et rêver. Veuillez excuser la digression genrée un peu poussive mais directement compréhensible. Le problème est qu’ici Disney a pris de sévères rides et n’est plus d’actualité, la dimension du conte n’est pourtant pas si éloignée, si ce n’est en costumes et décors. Alors c’est plaisant, amusant de voir tout le casting avec 15 ans de plus en 2018. La nostalgie parle d’elle-même et s’impose à nous, mais une part de définitif, « page tournée » conclut l’impression et presque avec soulagement. Comment élucider l’agréable et l’amertume pour faire de ce culte teen drama une rémission discursive, aujourd’hui source de railleries par les plus pragmatiques ?

La série a des sérieux atouts, notamment la multitude de personnages secondaires venant consolider les failles liées à l’excès soap des croisements amoureux des trois premières saisons. Elle s’est malgré tout détachée de ce qu’on pouvait lui reprocher, trop mélo, pour en faire les portraits de complexes, plus affectifs que réellement existentiels. Et, pour la première fois de toute l’histoire du petit écran, l’héroïne était l’intello de service, nerd, la brune – qui aurait pu être myope et boutonneuse si le cliché aurait été poussé jusqu’à l’excès – que les scénaristes ont pris le temps d’érotiser. La série pose de très justes questions lors d’intrigues plus ou moins correctement amenées « où vais-je? » et surtout « où accepte-je d’aller et à quelle condition ? » Il faut savoir qu’initialement Kevin Williamson était parti pour composer sur ce qu’est initialement une âme sœur…

*Et apparue juste après, avec New Port Beach, ces deux séries apparaissent relativement comme des déclinaisons soap avant de réellement s’identifier comme des family/teen drama plus de « luxe ».

Analyse du thème concluant

On doit la tonalité si particulière qui distinguera à jamais Dawson’s Creek de tous les autres teen drama, à Adam Fields, qui a su recréer l’exotisme sauvage de la ville fictive en ajoutant aux notes de piano, une flûte traversière et une guitare sèche. Transformant le lieu en un havre de paix, entre le lointain des îles paradisiaques et la proximité d’un feu de cheminée, Adam Fields a su modeler le souvenir comme un rassurant voyage au coeur de nous-même, à la fois cliché apaisant et lancinante berceuse pernicieuse. La résonance de cet instrument à vent a par ailleurs des vertus relaxantes non négligeables. Entre le caractère primaire de nos origines (Native American Flute), à la croisée des mondes amérindiens et l’acoustique de la guitare grattée, les quelques notes entremêlées font de la boucle mélodique, une feuille tombant au vent par un chaud début d’automne.

Dawson’s Creek : Tous les génériques

Le thème du générique joué par Paula Cole (initialement ce devait être « Hands in my Pocket«  d’Alanis Morissette) entrelace sentiments chaleureux de fin de vacances estivales à l’intimité d’une couette tout en passant par l’entrain d’une jeunesse tout sourire et plein d’espoir. Les premières notes au piano symbolisent l’aube, le levée du soleil. La batterie ensuite poursuit la balade pop rock sur ce rayon de soleil jusqu’à l’apogée du refrain qui vogue sur les remous d’une eau s’étendant à perte de vue. Si l’on fait attention aux paroles, on se perd dans les méandres de mélo mièvres d’une mère qui attend son mari perdu en guerre, puis l’affirmation ou l’excuse pour ne pas sombrer dans la négativité.

Le deuxième thème du générique de Dawson’s creek pour diffusion DVD (à des fins purement économiques) embrasse des spirales plus entraînantes. La rythmique est différente, mais épouse les mêmes valeurs et véhiculent les même messages adolescents. « Je suis romantique, la tête dans les nuages, je deviens fous par amour, enivré par les couchers de soleil… »

BONUS

Pour approfondir la curiosité, voici l’intégral d’une émission (entièrement en VO) dédiée à la jeunesse sur E4 consacrée aux coulisses du tournage (à l’époque c’était entre la saison 3 et 4 pas encore diffusée) de la série.

Mais surtout l’interview exclusif de Kevin Williamson (bon c’est le père de la série, mais il l’a quand même abandonnée dans ses 4 dernières années donc il n’est pas le plus légitime pour avoir la parole, mais tout de même), 20 ans après pour The Hollywood Reporter. Il imagine toujours Dawson, Joey et Pacey, meilleurs amis à s’envoyer des messages plus qu’à se voir. Impossible, nous n’imaginons pas Dawson reprendre contact comme si de rien n’était avec Pacey ! Joey et Pacey ont construit une famille qu’ils tentent maladroitement de porter vers le haut, malgré tous les obstacles de couple. Dawson a finalement atteint son rêve. Ce n’est pas un Spielberg, mais il est monté très très haut sans pour autant être heureux. Il se bat toujours autant pour trouver l’amour…

Dawson’s Creek : Fiche Technique

Créateur : Kevin Williamson
Scénario : Joss Whedon
Interprétation : James Van Der Beek (Dawson Leery), Michelle Williams (Jennifer Lindley), Joshua Jackson (Pacey Witter), Katie Holmes (Joséphine « Joey » Potter), Mary-Margaret Humes (Gail Leery), John Wesley Shipp (Mitch Leery), Mary Beth Peil (Evelyn « Grams » Ryan), Nina Repeta (Bessie Potter), Kerr Smith (Jack Macphee), Meredith Monroe (Andie Macphee), Busy Philipps (Audrey Liddell)…
Musique : « I Don’t Want to Wait » de Paula Cole (U.S.) / « Run Like Mad » by Jann Arden (DVD and Puerto Rico Releases) …
Producteurs : Tom Kapinos, Greg Prange, Paul Stupin, Greg Berlanti (showrunner depuis 2000), Kevin Williamson (1998-99)
Société de production : Columbia TriStar Television, Outerbanks Entertainment, Sony Pictures Television
Diffusion : The WB
Genre : Teen drama
Format : 22 épisodes de 45 minutes. 128 épisodes

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La dernière est un fan-made, bien que la curiosité nous ait tous poussée à regarder sur internet si c’était bel et bien vrai

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A propos de l'auteur

Antoine Mournes
Responsable Series

Mes premières ambitions, à l'âge d'une dizaine d'années, était d'écrire des histoires à la manière des J'aime Lire que je dévorais jusqu'en CM2. J'en dessinais la couverture et les reliais pour faire comme les vrais. Puis la passion du théâtre pour m'oublier, être un autre. Durant ses 7 années de pratique dans diverses troupes amateurs, je commence des études d'Arts du Spectacle qui débouche sur une passion pour le cinéma, et un master, en poche. Puis, la nécessité d'écrire se décline sur les séries que je dévore. Depuis Dawson et L’Hôpital et ses fantômes de Lars Von Trier sur Arte avec qui j'ai découvert un de mes genres ciné préférés, l'horreur, le bilan est lourd, très lourd au point d'avoir du mal à établir un TOP 3 fixe. Aujourd'hui, c'est Brooklyn Nine Nine, Master of Sex et Vikings, demain ? Mais une chose est sûre, je vénère Hitchcock et fuis GoT, True Detective et Star Wars. L'effet de masse m'est assez répulsif en général. Les histoires se sont multipliées, diversifiées, imaginées ou sur papier. Des courts métrages, un projet de série télévisée, des nouvelles, un roman, d'autres longs métrages et toujours plus de critiques..?

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