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Des sitcoms qui tiennent 12 saisons, c’est rare. Des sitcoms qui arrivent à nous faire toujours autant rire sur 12 saisons, c’est encore plus rare. It’s Always Sunny in Philadelphia est pourtant de celles-là. C’est parti pour un voyage dans l’univers tordu de Rob McElhenney (Mac), Glenn Howerton (Dennis) et Charlie Day ( Charlie)

Née sur FX en 2005, la série a fêté sa 12ème saison en début d’année et a été reconduite pour deux autres saisons. À première vue, Philadelphia a l’air d’une sitcom comme une autre, racontant l’histoire de 5 amis propriétaires d’un bar dans la ville éponyme. On a Dennis Reynolds, le sociopathe, utilisant les gens à sa guise et possédant un gigantesque ego, sa soeur Dee, souffre-douleur de l’équipe, wanna-be comédienne dont l’expression favorite est « Goddamn it », Mac, colocataire de Dennis, fan de musculation, homosexuel refoulé et fervent croyant, Charlie Kelly, qui vit dans un monde à part, sniffant de la colle et mangeant de la peinture et dont l’illettrisme lui joue beaucoup de tours et, pour finir, Frank Reynolds, père de Dennis et Dee, un homme aux relations peu recommandables, blindé aux as et aux habitudes peu ragoutantes. Des profils différents, mais qui dévoilent des caractéristiques similaires lorsqu’il s’agit d’être les êtres humains les plus abominables de la Terre. Élaborant parfois des plans allant au-delà des limites raisonnables de l’esprit humain, le « gang » ne recule devant rien pour arriver à ses fins. Avec sa brochette de personnages complètement amoraux, Philadelphia s’est très vite démarquée comme une série osant tout et abordant des sujets sensibles de plein front que ça soit le racisme, l’homosexualité ou même différents handicaps. Une série complètement tarée et dont on va dresser ici le portrait au travers de 10 épisodes, parmi les 134 que compte la série.

3×09 – Sweet Dee’s dating a Retarded Person

critique-10-episodes-philadelphia-charlie-dayComme expliqué plus haut, Philadelphia n’a jamais hésité à traiter des sujets controversés. Dans cet épisode c’est au handicap mental que va s’attaquer la série avec Dee présentant son  petit ami rappeur Lil’Kevin. Très vite Dennis lui fait la remarque que son nouveau copain est déficient mental. Dee va alors se mettre à enquêter sur la chose, surveillant les moindres faits et gestes de son petit copain ou à aller directement chez la mère de ce dernier pour savoir la vérité. Une storyline hilarante qui montre bien le côté sans scrupule des personnages de la série et qui finira dans un sublime retour de flamme. Mais l’épisode ne s’arrête pas à ça car, à côté des déboires amoureux de Dee, le reste du gang cherche à se lancer dans la musique. Il n’en faut pas plus à Charlie pour créer son oeuvre cultissime Dayman, reclus dans son appartement, sniffant de la colle tel un artiste maudit. Tout ça pour finir dans un feu d’artifice final, la représentation sur scène de Electric Dream Machine avec Charlie au clavier et Dennis poussant des vocalises dans un style des plus glam rock. Dayman, Fighter of the Nightman, Champion of the Sun, You’re a master of karate and friendship for everyone. Un de ces moments qui entre dans la légende.

4×07 – Who pooped the bed ?

Rien que le titre de cet épisode annonce un grand moment de n’importe quoi à base d’humour scato complètement débile. Who pooped the bed ? est bien plus que ça, c’est une véritable parodie de Whodunit, durant laquelle le Gang va essayer de trouver qui, entre Charlie et Frank, a fait caca dans le lit. À la manière de CSI : Philadelphia, ils vont passer par des expertises scientifiques, des recréations de la scène du crime ainsi que des interrogatoires afin de découvrir la vérité. Bien évidemment si cet humour est trop bas de plafond pour vous, vous pouvez toujours vous faire plaisir grâce à Dee qui se la joue Sex and the city avec la serveuse complètement torchée et Artemis hurlant à qui veut l’entendre qu’elle s’est nettoyée le trou du cul. Le grand moment de cet épisode restera cependant le monologue hallucinatoire de Artemis en mode Hercule Poirot élucubrant diverses hypothèses tous plus abracadabrantesques les unes que les autres sur qui a souillé le lit. Reste que c’est par cette nuit d’orage, dans le Paddy’s Pub, que le Gang connaîtra l’horrible vérité dans un twist digne des plus grands romans policiers.

4×13 – The Nightman Cometh

Toute série se doit d’avoir un épisode musical. Des épisodes qui sont pour la plupart du temps acclamés par les fans comme ceux de Buffy ou de Scrubs, The Nightman Cometh n’échappe évidemment pas à la règle. Dans le final de la saison 4 de Philadelphia, Charlie décide donc de monter une comédie musicale sur son personnage de Dayman et de son pire ennemi le Nightman. Comme on peut s’y attendre avec Charlie, on est très loin de Broadway mais plus du côté kermesse de fin d’année scolaire. Enfin, en ce qui concerne les costumes et les décors, car niveau histoire et paroles de chanson, on tombe très vite dans des textes assez tendancieux. Entre une scène de viol et des paroles flirtant avec la pédophilie, The Nightman Cometh est une comédie musicale bien plus malsaine qu’il n’y parait. Le pur et innocent Charlie devient alors un metteur en scène en marge d’un nervous breakdown quand il voit que le reste du gang fait de son histoire à priori insouciante, un spectacle totalement cringe. The Nightman Cometh montre tout le côté très borderline de la série et s’avère diablement hilarant. Rien que de voir Frank déguisé en troll ou encore Mac alias Nightman affronter Dennis alias Dayman suffit à faire un épisode culte. Tellement culte qu’ils sont partis en tournée avec.

5×10 – The D.E.N.N.I.S System

Oubliez Barney Stinson et son playbook, le vrai champion de la séduction est Dennis Reynolds grâce au système de son invention sobrement dénommée D.E.N.N.I.S System. D pour Démontrer de la valeur. E pour Engager physiquement. N pour Nourrir la dépendance. N pour Négliger émotionnellement. I pour Inspirer l’espoir. S pour Séparer complètement. Un programme en 6 étapes digne des plus grands sociopathes de la planète. La petite leçon de Dennis fait donc des émules mais les disciples sont loin de dépasser le maître. Entre Mac qui récupère les ex de Dennis pour jouer l’épaule sur laquelle pleurer et Frank dont le seul système est d’acheter des capotes XXL avec des liasses de billets de 100 dollars, difficile pour eux de conquérir quiconque. Ne parlons pas de Charlie qui suit la méthode complètement de travers avec la serveuse. Un épisode qui démontre toute la misogynie du gang devant une Dee complètement outrée. The D.E.N.N.I.S System est immoralement drôle et se finit dans une séquence à la fête foraine anthologique.

6×09 – Dee Reynolds : Shaping America’s Youth

Cet épisode commence tranquillement avec Dee devenant professeure remplaçante et décidant d’inculquer des notions d’arts à ses jeunes élèves. Pour ça, rien de mieux que de montrer un classique du cinéma comme Othello pour leur faire comprendre le sujet. Malheureusement, une fois arrivée au Paddy’s Pub, ce n’est pas du Orson Welles que les élèves vont pouvoir admirer mais plutôt L’Arme Fatale 5. C’est à ce moment précis que cet épisode entre dans une toute autre dimension. Avec, dans un premier temps, Mac dans le rôle de Riggs et Dennis dans le rôle de Murtaugh, le film raconte une histoire d’eau du robinet contaminée et introduit Frank Reynolds dans le rôle du grand méchant. Avec ses scènes très approximatives, ponctuées de faux raccords, ou encore le Paddy’s Pub servant à la fois de commissariat de police et de casino, l’aspect très amateur du film est amplifié à mesure que l’on avance. N’hésitant pas à intervertir les rôles de Riggs et Murtaugh, le Gang se permet même d’illustrer le concept de Blackface avec Mac dans le rôle de Danny Glover. Et si tout cela ne suffisait pas à vous convaincre de l’immensité de L’Arme Fatale 5, il y aura toujours Frank se la jouant Tommy Wiseau et insérant des scènes de sexe dignes des pires visions de l’Enfer. Du over the top comme on l’aime. Le gang exaucera même notre souhait d’une Arme Fatale 6 dans la saison 9.

7×07 – Chardee MacDennis : The Game of games

critique-10-episodes-philadelphia-glenn-howerton-rob-mcelhenney-kaitlin-olsonÀ l’instar de l’épisode du pari des appartements de Friends, Chardee MacDennis est un classique de Philadelphia qui voit tout le gang réuni pour une partie de jeu de société anthologique. Mais attention, au Paddy’s Pub, on ne joue pas simplement au Trival Pursuit ou au Pictionnary, mais à Chardee MacDennis, un jeu regroupant tous les jeux de sociétés en un. Le jeu est découpé en 3 manches qui sont respectivement : Mind ( Trivia, puzzles and Artistry), Body (Physical Challenge, Pain and Endurance) et Spirit (Emotionnal Battery and Public Humiliation). Bien évidemment, les règles ne s’arrêtent pas là, car Gang oblige, Chardee MacDennis est un jeu à boire avec un alcool différent à chaque niveau. Cet épisode est l’archétype de l’épisode de bande complètement survolté où l’équipe invaincue 18 fois de suite, Dee et Dennis, affronte l’équipe Charlie, Mac et Frank. Entre les questions provenant pour la plupart des opinions de divers membres du gang tels que Chumbawumba le meilleur groupe de l’histoire, une partie de fléchette sauce Guillaume Tell ou les cartes chances permettant de faire les poches à son adversaire, cette partie anthologique surprendra la spectateur à chaque moment. Avec son classeur de règles épais comme une encyclopédie, dont la plupart sont sans queue ni tête, Chardee MacDennis est un véritable concentré de l’esprit déviant de ses créateurs. Un bottle épisode ultra inventif qui bénéficiera d’une suite dans la saison 11, où le gang va essayer de vendre le concept de son jeu au représentant de Mattel.

8×03 – The Maureen Ponderosa Wedding Massacre

L’une des forces de Philadelphia, c’est son large panel de personnages secondaires. On peut citer pêle-mêle Cricket, le prêtre largué par Dee qui deviendra un clochard junkie, les frères McPoyles, des consanguins très creepy aux monosourcils protubérants, ou encore l’ex-femme de Dennis, Maureen Ponderosa et sa dead tooth. Dans cet épisode, ce sont justement les noces entre cette dernière et l’un des frères McPoyle qui sont au centre de l’histoire. L’autre particularité de l’épisode est qu’il s’agit d’un véritable film d’horreur. Alors que la famille McPoyle a été empoisonnée avec du punch assaisonné aux sels de bains, l’ambiance du mariage tourne très vite en film de zombies. Le gang, arrêté par la police dans le prégénérique façon Blair Witch, est questionné sur les faits. Au travers de l’interrogatoire, les motivations des différents protagonistes resurgissent alors que la police essaie de tirer la vérité de ce sac de nœuds. Le mariage de Maureen Ponderosa avec Liam McPoyle devient alors une lutte entre le camp de Ryan McPoyle – aidé de Dee et Frank qui essaient de saboter l’union pour garder la pureté de la lignée McPoyle – et Dennis Reynolds voulant à tout prix se débarrasser de la pension qu’il doit à Maureen. Dans cette ambiance bien redneck, les festivités ressemblent bien plus au repas de famille de Massacre à la tronçonneuse qu’à celui d’une comédie romantique avec Hugh Grant. Pour aller jusqu’au bout de l’hommage au film d’horreur, la série a même offert le rôle de Papy McPoyle au grand Guillermo Del Toro. Un épisode bien tordu finissant avec un twist particulièrement horrifique pour ce cher Dennis.

9×06 – The Gang save the day

critique-10-episodes-philadelphia-danny-devitoUn jour normal pour le gang qui se rend dans l’épicerie vendant, selon Frank, les meilleurs hot-dog de la ville. Malheureusement, les voilà témoin d’un hold-up. Chaque membre va alors s’imaginer comment se sortir de la situation. Ces divers petits scénarios vont faire ressortir les caractéristiques spécifiques de chacun des membres du gang. L’égoïsme opportuniste de Frank le verra se goinfrer de hot-dog pendant que le reste du groupe se fait assassiner. La passion de Mac pour les arts martiaux apparaîtra dans un enchaînement de séquences d’action où il sera confronté à une horde de ninjas avant de rejoindre un paradis rempli d’anges bodybuildés. Dee aura la chance de poursuivre son rêve d’actrice et d’épouser Josh Groban, après avoir rejoint un groupe de protection de témoins. Le superficialité de Dennis le conduira à épouser la fameuse Miss Météo sur laquelle il fantasme, avant de la larguer lorsqu’elle perdra ses seins dans un accident de roller. Pour finir, le monde magique de Charlie ressemblera au prologue de Là-Haut, dans lequel il se mariera avec la serveuse et aura plein d’enfants concierges et serveuses. Le tout bien évidemment fait en animation. Un panorama très représentatif des différentes personnalités du gang dans un épisode concept particulièrement surprenant et assez euphorisant.

10×04 – Charlie Work

Depuis quelques temps les séries gagnent du terrain sur le cinéma en ce qui concerne la mise en scène. Si cela est clairement notable dans les dramas de HBO, ça l’est peut-être un peu moins dans l’univers de la sitcom. Dans sa 10ème saison, Philadelphia s’est cependant lancée dans un exercice assez périlleux : la réalisation d’un long plan séquence de près de 8 minutes. L’épisode Charlie Work raconte l’histoire d’une inspection surprise de la part ses services d’hygiènes au Paddy’s Pub. Charlie, en panique, va donc tout faire pour que la visite se passe bien malgré l’état très vétuste du bar. Ce qui est complètement fou dans cet épisode, c’est donc bien ce véritable ballet pendant lequel Charlie trimbale l’inspectrice à travers tout le Paddy’s Pub pendant que les autres membres essaient tant bien que mal de limiter les dégâts. On retrouve par exemple un Frank peinturluré de haut en bas en noir, imitant le bruit du détecteur de monoxyde de carbone avec une flûte, ou Mac et Dee essayant de se débarrasser de dizaines de poulets et d’un livreur les ravitaillant en tonnes de steaks surgelés. Un épisode assez virtuose et qui, malgré le fait que ça soit évidemment un faux plan séquence, fonctionne à merveille et démontre à la perfection que, même 10 saisons après, la série surprendra toujours.

11×05 – Mac and Dennis move to the suburbs

Après une réunion ayant engendré un incendie dans leur appartement, voilà Mac et Dennis obligés de crécher chez Dee, au détriment de cette dernière… Ne pouvant plus continuer comme ça, ils décident alors de tenter leur chance dans une maison en banlieue. Pendant que Dennis va au travail, Mac joue le rôle de la housewife et lui prépare des bons mac and cheese. Mac et Dennis vivent alors comme le beau petit couple de banlieue, façon Desperate Housewives. Mais pour ces deux habitants de la ville, les choses vont très vite déraper. Entre le voisin un peu trop envahissant, les bruits de détecteur de fumée ou du climatiseur, les embouteillages, l’ennui, Mac et Dennis commencent à perdre un peu les pédales. L’épisode va très vite basculer dans une ambiance complètement psychotique et paranoïaque avec les deux compères pétant complètement les plombs. La BO oppressante, les rires démoniaques, les macs and chesse à base de chien, on est pas loin du film d’horreur. Encore une fois, ils vont loin, très loin. Sans oublier qu’à côté de ça, un pari était en jeu, obligeant les deux amis à tenir 30 jours sans quoi ils allaient devoir partager leur lit (et celui de Dee) avec un vieil homme. Dommage qu’ils n’aient tenu que 29 jours 23 heures et 59 minutes.

Bien évidemment, nous aurions pu citer des tonnes d’autres épisodes comme les mythiques vacances à Jersey Shore, Dennis et Dee devenant des addicts au crack pour profiter des allocs, sans oublier l’épisode de Noël où un canapé accouche d’un Frank tout nu. It’s Always Sunny in Philadelphia est une série qui s’est aventurée là où personne n’est jamais allé et a délivré des moments de folie comme on en voit rarement à la télévision.

Philadelphia – Bande-annonce :

Philadelphia – Fiche technique :

Titre original : It’s Always Sunny in Philadelphia
Création : Rob McElhenney
Casting : Charlie Day, Rob McElhenney, Glenn Howerton, Kaitlin Olson, Danny DeVito
Chaîne d’origine : FX (saisons 1 à 8) puis FXX (depuis la saison 9)
12 saisons dont 134 épisodes de 22 minutes

États-Unis – 2005

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